RECEPISSE : N°0140/HAAC/02-2026/PL/P

15 ans de lutte : Le SYNJIT lance le cri d’alarme des journalistes privés

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 À l’occasion de la célébration de ses 15 ans d’existence, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) lance un cri d’alarme. Celui d’un journalisme privé en détresse. À travers une déclaration signée du secrétaire général, Narcisse Prince-Agbodjan, le syndicat revient avec des chiffres et exige l’application des textes en vigueur.

 

Après des années de mobilisation, de plaidoyers et de sacrifices pour la dignité de l’artisan de l'information au Togo, le SYNJIT trouve que les lignes ne semblent pas trop bouger. Pis, la situation n’a de cesse de se détériorer, quatre (4) ans après la signature de la convention collective en 2022.

La preuve, une enquête menée entre avril et mai par le bureau exécutif fait état d’une presse privée togolaise en état d’asphyxie sociale. Dans l’ensemble, 91,3 % des journalistes privés du Togo gagnent, de loin, moins de 100 000 FCFA (moins de 150 euros). Pire, 49 % sont à moins de 50 000 FCFA par mois.

Quant au contrat à durée indéterminée (CDI), il est devenu une exception avec 60,9 % des confrères qui naviguent dans l’instabilité des CDD, des piges ou du stage. Quant au droit au salaire, il est bafoué pour près de 38 % des répondants et 8 journalistes sur 10 sont sans aucune couverture de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), selon le syndicat.

« Ces chiffres doivent interpeler la conscience collective, des autorités togolaises aux journalistes eux-mêmes, en passant par les responsables de nos médias et de nos organisations professionnelles, si nous avons réellement à cœur la professionnalisation de notre corporation », précise Narcisse Prince-Agbodjan, secrétaire général du SYNJIT.

Relevant que 73,8 % des journalistes affirment qu’ils ne pourront pas rester dans ce métier jusqu’à leur retraite, le secrétaire du SYNJIT invite donc à l’action.

Ce que propose le SYNJIT pour ses 15 ans

Pour ses 15 ans, le SYNJIT exige l’application des textes et lance un appel solennel autour de quatre (4) axes d’urgence à savoir : la mise à jour, l’application stricte et le contrôle de la convention collective sectorielle ; la fixation d’un salaire plancher professionnel digne de ce nom ; le conditionnement strict de l’aide publique aux médias à la déclaration CNSS de l’ensemble du personnel et à la régulation des salaires. Aussi, exige-t-il l’encadrement juridique rigoureux des stages pour éradiquer le bénévolat déguisé.

Saluant le courage des journalistes qui continuent de porter les plumes et les micros malgré la tempête, il réaffirme son engagement à poursuivre pour les 15 prochaines années sa lutte. 

 

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