Réunis les 28 et 29 mai 2026 à l'hôtel Sarakawa de Lomé, les acteurs du secteur de l'éducation, de la formation professionnelle, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers ont validé le Schéma directeur des formations de courte durée (FCD). Un document stratégique ambitieux qui vise à renforcer l'employabilité des jeunes et à faire de la formation un véritable tremplin vers l'emploi.
Face à la persistance du chômage et du sous-emploi des
jeunes, le gouvernement togolais entend changer de paradigme. Désormais,
l'objectif n'est plus seulement de former, mais surtout de garantir une
insertion professionnelle durable aux bénéficiaires.
C'est dans cette dynamique que s'est tenu à Lomé
l'atelier national de validation du Schéma directeur des formations de courte
durée (FCD), une réforme portée par le Ministère de l'Éducation nationale avec
l'appui de la Coopération allemande à travers la GIZ et le projet ProEmploi+.
Ouvrant les travaux, le ministre de l'Éducation
nationale, Mama Omorou, a rappelé que l'employabilité des jeunes demeure l'un
des défis majeurs du pays.
« Le chômage, le sous-emploi et l'inadéquation entre
les compétences acquises et les besoins du marché du travail constituent autant
d'obstacles à l'épanouissement de notre jeunesse et à la compétitivité de notre
économie », a-t-il déclaré.
Selon lui, les formations de courte durée se sont
progressivement imposées comme une réponse concrète à cette problématique.
Après une phase pilote lancée en 2022 avec l'appui de la GIZ, le dispositif a
enregistré des résultats encourageants.
Le ministre a indiqué que plus de 800 jeunes et
adultes ont déjà bénéficié de ces formations dans plusieurs secteurs porteurs,
avec des taux d'insertion professionnelle oscillant entre 85 % et plus de 90 %
selon les phases du programme.
Passer de la formation à l'emploi
L'une des innovations majeures du schéma directeur
réside dans sa volonté d'assurer un continuum entre la formation et l'insertion
professionnelle.
Directeur des Statistiques, de la Recherche et de la
Planification (DSRP) au Ministère de l'Éducation nationale, Wolou Djamba
Adékoulé estime que les politiques de formation doivent désormais aller au-delà
de la simple acquisition de compétences.
« Une formation qui ne débouche pas sur une insertion
professionnelle est une formation inachevée », a-t-il souligné.
L'économiste de l'éducation explique que les
diagnostics réalisés ont mis en évidence une inadéquation persistante entre les
compétences acquises par les apprenants et les besoins réels du marché du
travail.
« Aujourd'hui, il s'agit de mettre en place un
dispositif complet qui commence par l'identification des besoins du marché,
passe par la formation et se poursuit jusqu'à l'accompagnement à l'insertion
professionnelle », a-t-il précisé.
Un défi : lutter contre le sous-emploi
Si les performances de l'enseignement technique et de
la formation professionnelle sont encourageantes, des défis demeurent.
Selon les données présentées par Wolou Djamba
Adékoulé, une étude de suivi réalisée en 2024 révèle que près de 95 % des
sortants de l'Enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP)
exercent une activité après leur formation. Cependant, le véritable problème
reste celui du sous-emploi.
« Les diplômés trouvent généralement une activité,
mais beaucoup occupent des emplois précaires qui ne correspondent pas aux
compétences qu'ils ont développées. Cela entraîne une faible productivité et
des revenus limités », a-t-il expliqué.
La coopération allemande réaffirme son engagement
Partenaire clé de cette réforme, la Coopération
allemande a salué le travail accompli et réaffirmé son engagement aux côtés du
gouvernement togolais.
Prenant la parole au nom de la GIZ, le chef de
coopération a rappelé que la formation professionnelle constitue un axe
prioritaire de la coopération germano-togolaise.
« Depuis 2022, notre appui technique met un accent
particulier sur les formations de courte durée. À ce jour, 2 307 bénéficiaires
ont été formés, dont 69 % de femmes et 14 % de personnes en situation de
handicap », a-t-il indiqué.
Il a également souligné que le projet ProEmploi+,
financé par l'Allemagne et mis en œuvre par la GIZ, vise à améliorer l'accès à
l'emploi et les revenus des groupes vulnérables, notamment les femmes et les
personnes handicapées.
Malgré un contexte international marqué par des
contraintes budgétaires croissantes, la coopération allemande entend poursuivre
son accompagnement.
« Nous demeurons pleinement engagés aux côtés du
Gouvernement togolais pour soutenir les initiatives favorisant l'inclusion économique,
l'égalité des chances et l'accès à un emploi décent », a-t-il assuré.
Une vision à l'horizon 2035
Fruit d'un processus participatif ayant mobilisé
plusieurs acteurs du secteur formation-emploi depuis 2025, le Schéma directeur
des formations de courte durée fixe une vision à l'horizon 2035.
Le document s'articule autour de trois axes
stratégiques : le renforcement de la gouvernance et du financement des FCD,
l'amélioration de la qualité et de l'accès aux formations, ainsi que le
développement de mécanismes d'accompagnement vers l'insertion professionnelle
durable.
Son plan d'action opérationnel couvre la période
2026-2028 et ambitionne de former et d'insérer au moins 1 000 jeunes par an.
Pour le ministre Mama Omorou, cette réforme constitue
une étape décisive pour l'avenir de la formation professionnelle au Togo.
« Vous n'êtes pas réunis ici pour valider un texte de
plus. Vous êtes réunis pour être les garants de la qualité et de la crédibilité
d'un document qui orientera le développement des formations de courte durée
dans notre pays durant les dix prochaines années », a-t-il lancé aux
participants.
Avec cette validation, le gouvernement et ses
partenaires espèrent désormais transformer les formations de courte durée en un
véritable levier de réduction du chômage, de promotion de l'auto-emploi et de
création de richesse au profit de la jeunesse togolaise.
Marc Yaovi Essowè GNAZOU
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